Le G7 d’Evian et la coopération avec le Sud Global

Le sommet du G7 d’Évian a illustré la capacité des puissances occidentales et du Sud Global à dialoguer et à coopérer sur les enjeux globaux.

par Sébastien GOULARD

Malgré l’essor des puissances du Sud Global telles que celles des BRICS, et l’exclusion de la Russie suite à son invasion de l’Ukraine, le G7 reste un format pertinent dans les relations internationales. Le sommet d’Evian en France ne fait pas exception.

Une rencontre entre le G7 et le Sud Global

Du 15 au 17 juin 2026, s’est donc déroulé à Evian, la 52e édition du G7 présidée par la France, durant laquelle ont été discutées des enjeux majeurs entre des puissances occidentales et du Sud Global.

Les chefs d’Etat et de gouvernements du G7 étaient tous présents ainsi que la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le Président du Conseil européen António Costa. Le Président américain Donald Trump a même prolongé son séjour en France, à Versailles, pour signer le mémorandum d’entente avec l’Iran.

D’autres Etats, hors G7, ont été invités pour débattre de l’état du monde. Tout d’abord le Président Macron avait ainsi invité ses homologues brésilien : Lius Lula da Silva, kenyan : William Ruto et sud-coréen Lee Jae Myung ainsi que le Premier ministre indien Narendra Modi. Des représentants de ces puissances avaient déjà travaillé ensemble pour la préparation de ce sommet durant ces derniers mois.

D’autres chefs d’Etat et de gouvernement ont aussi participé à ce sommet du G7 : le Président ukrainien Volodymdyr Zelensky, a pu s’entretenir avec les dirigeants du G7 pour intensifier la pression sur l’envahisseur russe. L’Ukraine reste un dossier prioritaire pour les membres du G7.

L’Emir du Qatar Tamim bin Hamad Al Thani, le Président de l’Egypte Abdel Fattah al-Sissi, le Président de Emirats arabes unis Mohammed ben Zayed Al Nahyane étaient aussi présents à certaines réunions pour parler sécurité et connectivité au Moyen-Orient dans un contexte de tensions et afin de discuter de l’accord obtenu ente les Etats-Unis et l’Iran sur le détroit d’’Ormuz.

Avec le Brésil, l’Inde, les Emirats arabes Unis et l’Egypte, quatre membres des BRICS+ ont ainsi été associés à ce sommet du G7, ce qui démontre la possible coopération entre le G7 et les BRICS+ pour répondre aux défis du monde.

Un temps de rencontres et de négociations

En plus de l’agenda officiel, de nombreuses discussions se sont tenues de manière bilatérale pour évoquer les dossiers en cours et négocier de nouveaux accords. Parmi ces nombreuses rencontres, on peut mentionner l’entretien entre la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le Président du Kenya William Ruto sur l’accord de partenariat économique Europe-Kenya et les projets liés au programme européen Global Gateway. La Présidente du Conseil italien Girogia Meloni a échangé avec le Président brésilien sur des projets de coopération et d’investissements dans les infrastructures et l’énergie entre l’Italie et le Brésil. Le Président des Emirats Mohammed ben Zayed Al Nahyane et le Premier ministre indien Narendra Modi se sont entretenus des avancées du partenariat stratégique global signé entre leurs deux pays en 2022.

Le projet de Corridor Inde-Moyen Orient-Europe (IMEC) lancé lors du G20 de 2023 a été évoqué par plusieurs dirigeants dont la Présidente de la Commission européenne comme initiative à soutenir pour assurer la sécurité des échanges mondiaux face à certaines menaces, notamment au Moyen-Orient.

Une déclaration commune

Dans une déclaration commune, les membres du G7 ont affirmé poursuivre leur soutien à l’Ukraine notamment en augmentant la fourniture de capacités de défense aérienne mais aussi à renforcer les sanctions contre le secteur de l’énergie de la Russie. Les puissances du G7 sont aussi prêtes à coopérer avec Kyiv pour son approvisionnement énergétique pour le prochain hiver. Par ces engagements, on peut constater que Washington semble afficher un soutien plus important au Président Zelensky.

Les dirigeants se sont aussi exprimés sur la situation au Moyen-Orient et l’accord obtenu entre les Etats-Unis et l’Iran et ont appelé à la diversification des voies d’approvisionnement  en énergie. Ils ont rappelé leur volonté que l’Iran n’obtienne jamais l’arme nucléaire et leur soutien aux autorités libanaises de protéger la souveraineté de leur pays. Ils, ont appelé à une mise en œuvre rapide de mesures politiques dans la bande Gaza, un souhait que le Président égyptien Al-Sissi avait partagé plus tôt durant le sommet. Concernant la région Indopacifique, ils ont réaffirmé leur opposition à toute remise en cause du statuquo en mer de Chine méridionale et dans le détroit de Taïwan. Ils ont aussi exprimé une inquiétude concernant les programmes nucléaires et balistiques nord-coréens, une préoccupation qui devrait devenir une priorité lors du prochain sommet du G7 sous la présidence américaine ainsi que lors du sommet du G20 de décembre 2026

Cette déclaration montre l’attachement des membres du G7 au respect du droit international et à la libre circulation maritime.  Les rencontres du G7 loin d’être anecdotiques constituent des temps forts de la diplomatie internationale. L’invitation d’autres puissance, dont des puissances des BRICS+ permet d’en faire une plateforme de dialogue particulièrement efficace face aux multiples que traverse le monde.

Sébastien Goulard

Sebastien Goulard is the Editor-in-Chief of GlobalConnectivities. He publishes articles and analyses on major infrastructure projects around the world, as well as initiatives that promote international exchange and cooperation. He has conducted extensive research on China’s Belt and Road Initiative.

Sebastien Goulard is also the founder of Cooperans, a consultancy firm that supports stakeholders engaged in international projects. He holds a PhD in the socio-economics of development from the École des Hautes Études en Sciences Sociales (School of Advanced Studies in the Social Sciences).

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