par Farwa IMTIAZ
Cette année, le monde s’est dangereusement approché d’une catastrophe. La guerre entre les États-Unis et l’Iran a débuté le 28 février 2026. Elle menaçait d’entraîner l’ensemble du Moyen-Orient dans le chaos. Les prix du pétrole ont flambé. Le détroit d’Ormuz a été fermé. Les marchés mondiaux ont vacillé, et la question qui préoccupait tous les diplomates était la suivante : qui pouvait rapprocher ces deux camps ?
La réponse est venue d’un endroit inattendu. Le Pakistan s’est imposé comme principal médiateur. Ni l’ONU. Ni l’UE. Ni la Chine ou la Russie. Le Pakistan.
Cela mérite un moment de reconnaissance.
« Le Pakistan a effectivement accompli ce que de nombreux diplomates issus de riches démocraties et de grandes organisations internationales n’avaient pas réussi à faire depuis près de cinq décennies. » – Council on Foreign Relations
Le Pakistan avait toutes les raisons de rester à l’écart de ce conflit. Ce n’est pas un pays arabe. Ce n’est pas un allié occidental au sens traditionnel du terme. Il partage une longue frontière avec l’Iran et entretient des liens économiques avec les États-Unis. S’impliquer représentait un risque.
Cependant, Islamabad a fait un choix. Celui de considérer que la paix était plus importante que le confort.
L’effort a commencé discrètement. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a publiquement confirmé que des discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran avaient lieu par l’intermédiaire de messages transmis par le Pakistan. Il a révélé que les États-Unis avaient partagé une proposition en quinze points avec l’Iran via des canaux pakistanais. Ce n’est pas le travail d’un simple spectateur. C’est celui d’un intermédiaire de confiance.
Le 29 mars, le Pakistan a accueilli à Islamabad les ministres des Affaires étrangères de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de l’Égypte afin de coordonner une initiative régionale commune en faveur de la désescalade. Cette réunion de coordination a eu lieu avant le cessez-le-feu. Le Pakistan construisait déjà l’architecture diplomatique avant même que quiconque n’ait élaboré un plan.
Le 7 avril 2026, Donald Trump a averti le monde : « Toute une civilisation mourra cette nuit, sans jamais pouvoir renaître. » La menace était réelle. Le temps pressait.
Puis le Pakistan est intervenu.
Le maréchal Asim Munir a tenu des discussions directes avec le vice-président américain JD Vance, l’envoyé spécial Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Le résultat fut un cessez-le-feu annoncé le 8 avril. Les deux parties ont accepté de cesser les combats. Les prix du pétrole ont chuté de près de 16 % dans les heures qui ont suivi l’annonce. Les marchés mondiaux ont rebondi. Le monde a poussé un soupir de soulagement.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a personnellement appelé Ishaq Dar afin de saluer le rôle du Pakistan dans l’obtention du cessez-le-feu. Ce n’est pas anodin. C’est la reconnaissance, par une nation du G7, que le Pakistan a fait la différence.
Le Pakistan a ensuite accueilli des discussions directes en face à face à Islamabad les 11 et 12 avril. Le vice-président JD Vance dirigeait une délégation américaine de 300 membres. Les négociateurs iraniens étaient assis de l’autre côté de la table. Il s’agissait du premier dialogue direct de cette nature entre les États-Unis et l’Iran depuis près de cinq décennies. Et il a eu lieu à Islamabad, autour d’une table mise en place par le Pakistan.
Réfléchissons à ce que cela signifie. Pendant des décennies, Washington et Téhéran ont refusé de se parler directement. Le Pakistan a trouvé le moyen de les réunir dans une même pièce.
Lorsque les discussions d’Islamabad se sont enlisées, le Pakistan n’a pas abandonné. Il a poursuivi ses efforts.
Le maréchal Asim Munir s’est rendu à Téhéran le 22 mai afin de poursuivre les efforts de médiation. Il a rencontré directement le président iranien Masoud Pezeshkian. Il ne s’agissait pas d’une visite protocolaire, mais d’une diplomatie active de navette menée au plus haut niveau militaire et diplomatique.
Le ministre de l’Intérieur Mohsin Naqvi s’est également rendu à Téhéran dans le cadre de cette offensive diplomatique soutenue. Le 24 mai, l’ambassadeur d’Iran au Pakistan, Reza Amiri Moghadam, a publiquement félicité Naqvi à son retour. Dans un message publié sur X, l’ambassadeur a déclaré que les résultats étaient dus « à l’initiative et aux efforts dévoués du médiateur pakistanais ».
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a également reconnu de « légers progrès » dans les discussions. Un accord semblerait désormais proche. Un projet d’accord négocié par le Pakistan entre les États-Unis et l’Iran aurait même été finalisé.
Le succès du Pakistan comme médiateur n’est pas le fruit du hasard. Il résulte d’une position unique qu’aucun autre pays ne possède.
Le Pakistan est une nation à majorité musulmane. Il entretient depuis des décennies des relations étroites avec l’Iran. Dans le même temps, il dispose de liens profonds avec les États-Unis. Il bénéficie de la confiance des deux capitales. Cette double confiance est rare. C’est ce qui a permis au Pakistan de transmettre des messages qu’aucun autre pays n’aurait pu porter.
Le Pakistan a également apporté autre chose : du sérieux. Le Premier ministre Shehbaz Sharif et le ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar se sont rendus en Chine, principal partenaire commercial de l’Iran, dans le cadre du même effort de paix. Le Pakistan actionnait simultanément tous les leviers diplomatiques disponibles. Ce n’est pas une diplomatie improvisée. C’est une stratégie.
Le Pakistan a choisi de se tenir entre le monde et une issue désastreuse. Il a absorbé la pression diplomatique. Il a pris le risque et il a obtenu des résultats.
L’Histoire ne se souvient pas toujours des artisans de paix. Elle retient plus souvent les guerres. Mais cette fois-ci, les faits sont clairs.
Lorsque le monde avait besoin qu’un pays fasse un pas en avant, le Pakistan l’a fait. Lorsque des négociations devaient être organisées, le Pakistan a ouvert ses portes. Lorsque des messages devaient être transmis entre adversaires, les diplomates et responsables militaires pakistanais ont effectué les déplacements nécessaires. Et lorsqu’un accord prendra finalement forme, il portera l’empreinte des efforts du Pakistan.













